Egypte : histoire de générations Picture of the Week # 15

 

Sur cette image, réalisée en Egypte, 3 générations d’une même famille sont rassemblées : le grand-père, son fils et son petit-fils. Cette photographie pourrait être rangée dans la catégorie Street Photography. En effet, je ne les ai pas photographiées dans le cadre d’un reportage précis, mais plutôt dans un moment d’errance entre deux séances de prises de vue. L’endroit où avaient décidé de se poser ces trois personnes était plus qu’improbable : sous un pont, avec un monceau de détritus les entourant, avec au milieu quelques chèvres.

Je leur ai demandé si je pouvais les photographier, d’une simple gestuelle, ce qu’ils ont accepté. Les premières images étaient beaucoup plus posées, statiques. Mais je savais qu’il y aurait un moment, furtif, où la composition forcée de la pose, viendrait à se relâcher pour donner un résultat plus naturel. Le hasard et la patience m’ont bien servi: les trois ombres se sont déroulées pour s’aligner parfaitement. Cette photographie n’a pas été prise lors d’un mariage en Egypte, mais elle est le type même d’image que j’aime à construire en toute circonstance, que ce soit dans le cadre d’un mariage ou d’un reportage.

Lorsque je photographie des mariages, même si l’approche que je propose est une approche de type documentaire, ce que l’on connaît plus habituellement aujourd’hui sous le nom de photojournalisme de mariage , bien souvent on me demande de réaliser des photos « posées », pour les séances de photos de groupes: la famille, les témoins, les enfants d’honneur… Il est difficile de dire non, même si on peut « sentir » ces moments venir et anticiper pour y échapper… Très souvent les clichés les plus intéressants sont soit les premiers lorsque les personnes, les mariés ou bien les parents des mariés ou bien des amis, se mettent en place, soit les derniers lorsque le groupe se sépare : finalement lorsque les sujets photographiés renoncent quelque part à contrôler leur image en pensant que la photo va être faite ou a été faite. C’est très souvent dans ces moments « entre » que j’aime photographier, et l’univers du mariage s’y prête particulièrement.

 

In this picture, shot in Egypt, three generations of the same family are gathered: the grandfather, his son and his grand-son. This photograph could be classified as street photography. Indeed, I haven’t shot it as a part of a specific reportage, but when I was wandering in the street heading to meet some people in the frame of my photo report in Egypt. The place where these three people had decided to sit was somehow unusual: under a bridge, with a heap of rubbish surrounding them, with a few goats in the middle.

With a simple gesture I asked them if I could photograph them, which they accepted. The first images were much more static. But I knew there would be a furtive moment where they will be more relaxed and the result will be very natural. Chance and patience have served me well: the three shadows moved and aligned perfectly. Though it’s not a photograph that was taken at a wedding in Egypt, it’s the kind of image I like to compose in all circumstances, whether at a wedding or in a photojournalistic report .

When I photograph weddings, even if the approach I propose is a documentary-style approach, what is more commonly known today as wedding photojournalism, I am often asked to take traditional posed photos for the different groups: family, witnesses, kids, friends… It is difficult to say no, even if you can anticipate these moments and be able to avoid them … Very often the most interesting shots are either when the first people, the bride and groom or the couple’s parents or friends, are taking place, or the last ones when the group starts to spread, when the photographed subjects stop controlling their image, thinking that the photo will be taken or has been taken. Very often it’s in these « in between » moments that I love to photograph, and weddings are particularly favourable for this.